FRONSAC Petit canton au point de demeurer longtemps ignoré par le courtage et le négoce bordelais, ses vignobles ont su faire très vite la première renommée des vins de côtes, avant même celle de Saint Emilion. Le négoce bordelais s'y intéressa longuement, puis le déclin de ces vins se produira dès 1853. Tout le fronsadais perdit alors sa réputation. Ne sachant pas comme Saint Emilion et Pomerol s'adapter à la nouvelle situation, il ne participa pas à l'essor commercial de 1853, et aura à souffrir de la concurrence de ses voisins. Bien que peu étendus, 283 hectares, les terroirs de Canon Fronsac sont excellents pour la vigne. Leur précoce prospérité apparue dès 1750-1760 ne doit pas surprendre, Canon Fronsac est une appellation localisée au Sud, Sud-Ouest de Fronsac, et concerne la petite commune de Saint-Michel ainsi que la partie occidentale de Fronsac. Elle se situe sur un plateau calcaire décapité par l'érosion, laissant apparaître un paysage de tertre (petit plateau souvent isolé) et de combes (vallées profondes) dont il faut souligner la très faible superficie. Ce relief accompagné d'une végétation de chênes verts donne une tonalité méditerranéenne à cette région, accentuée en cela par un type de temps chaud, sec et très ventilé. Le climat est caractérisé par des hivers doux, des printemps précoces, des étés ordinairement chauds, de très beaux automnes longs et tièdes.
Mais d'ou vient ce nom de "Canon" ? A cette question, le secrétaire de l'intendant BOUTIN, en 1761, nous livre une explication. Selon lui, il se pourrait que des navires ancrés en amont de Saint-Michel-de-Fronsac, sur la Dordogne et ayant pour repaire visé la pointe occidentale de tertre de Fronsac, tiraient des salves dans le marais, le seul qui n'était pas en culture. Ces essais avaient pour but de juger du comportement et de la résistance des canons transportés. Il leur était même possible d'en mesurer la portée, en observant les points de chute des boulets dans le marais. Cette explication semble plausible, car après la fondation de Rochefort par Colbert, en 1666, ce port de guerre fût approvisionné en canons, à la fois par l'Angoumois, en utilisant la voie navigable de la Charente, et par le Périgord qui envoyait ses canons et ses boulets à Libourne, par la Vézère et la Dordogne, mais aussi par l'Isle. Avant d'être acceptés par la Marine, les canons devaient ainsi être essayés à Angoulême et à Libourne. |
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